Enter The Moch

Recommandé par les Pompes Funèbres Générales.

Mois : janvier, 2014

IL EN FAUT PLUS POUR ETRE HEUREUX

baloo

« Tu parles d’une reconversion. Mon agent m’a bien niqué sur ce coup là. » – Baloo

M.J.C.

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SURETE NATIONALE

Protéger un pays des invasions roms et de la barbarie nazie est une mission sacerdotale qui implique une dévotion de tous les instants. Rien d’étonnant donc à ce que le Ministre de l’Intérieur français Manuel Valls n’ait guère trouvé le temps de gérer les affaires courantes ces dernières semaines.

Or, comme se plaisent à le rappeler les mauvaises langues de l’opposition et de la presse libre, une foultitude d’autres problématiques afférente à la sécurité nationale requiert également l’attention du Premier Flic de France et appelle des mesures concrètes de sa part.

Conscient de ne pouvoir ignorer cette réalité plus longtemps, l’homme d’État a donc bien voulu accorder audience au peuple afin d’en connaître les plus impérieuses doléances et d’y pourvoir médication dans sa grande mansuétude.

D’aucuns diront « Noble entreprise ».

Mais alors qu’il se réjouissait de pouvoir enfin retrouver le chemin de son bureau Place Beauvau après un exil prolongé sur les plateaux télé, le Ministre a été rappelé à des missions de surveillance prioritaires, concernant notamment les allers et venues nocturnes du deux-roues présidentiel.

C’est donc en raison de ce surbooking momentané que son cabinet a souhaité déléguer, en off, la réalisation de la prochaine campagne de prévention du Ministère, dont le lancement est prévu pour la mi-mars.

Le thème : la réinsertion des gros délinquants sexuels dans la vie active.

Le but : encourager les gens à leur confier des petites tâches du quotidien mais qui soient adaptées à leur profil.

Sur ce dernier point, l’idée était notamment de ne pas reproduire les erreurs de la « Terrible Campagne de 1984 » qui, on se le rappelle, avait vivement incité les écoles primaires à laisser la surveillance de leurs cours de récréation et de leurs dortoirs d’internat à d’anciens détenus au long cours. Avec le résultat que l’on sait.

En exclusivité, découvrez donc les premières images de la campagne « Aide à la réinsertion 2014 » telles qu’imaginées par mes soins et proposées au cabinet de Monsieur le Ministre.

Merci de votre attention.

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Règle n°1 : Si tu lui confies ta grand-mère, il lui laissera un goût amer.

ieuv

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Règle n°2 : Si tu lui confies ton bébé, il lui remplira la trachée.

mioch

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Règle n°3 : Si lui confies ton cabot, il lui arrosera le museau.

iench

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J’attends la réponse d’une minute à l’autre. Serein.

M.J.C

MDR

 nazDates annulées sur la tournée de Dieudonné : abattement général chez les fans de la première heure (Source : JSS News, Manuel Valls)

M.J.C.

AVIS DE RECHERCHE

bdx

Un individu notoirement connu pour son aversion des festivités de Noël a disparu depuis une semaine. On vient de retrouver son carnet intime. En voici les dernières pages.

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« Ça y est, Ils ont envahi le centre-ville.

Ils ont capté le Signal et se sont instinctivement déverser dans les rues, tels des cohortes d’étrons glissant vers la fosse sceptique d’un camping municipal.

Ils étaient pourtant encore relativement normaux quand décembre a commencé à s’égrener, il y a quelques jours.

Certains croupissaient comateux dans leur canapé préféré, convaincus de ne pas devoir en quitter la chaleur avant le retour des beaux jours. D’autres allaient et venaient entre salon et salle de bains, pour nettoyer les tâches que le contenu salissant de leur ordinateur avait laissées sur leurs vêtements. D’autres enfin s’égaraient dans la contemplation d’un clochard qui, de l’autre côté de la fenêtre, essayait d’uriner sur son bout de trottoir sans subir une engelure du gland.

Bref, ils étaient loin d’imaginer que leurs petites existences sans relief étaient sur le point de connaître un chamboulement comparable à celui qu’a vécu, jadis, le premier vagin adolescent honoré par Monsieur Siffredi.

Et puis le déclic.

Il leur a suffi de croiser deux cantonniers en baudriers jaune fluo aux prises avec une guirlande électrique récalcitrante puis de remarquer une concentration anormalement élevée de sapins dans les devantures des grandes enseignes pour que leur cerveau ne se mette en marche et ait une révélation : Noël approche.

L’effet a alors été aussi immédiat qu’une conversion à l’islam en milieu carcéral. Tous se sont subitement transformés en automates dont l’esprit n’était plus habité que par une obsession : celle de trouver un cadeau à offrir.

Le ballet qu’offrent depuis ces ballerines dénuées de grâce et de libre arbitre, est un véritable défi même pour les cœurs robustes. Pour donner un ordre d’idée, la parade nuptiale du Bosniaque en temps de guerre – qui implique pourtant viol, cannibalisme et handicapés moteurs- est pour beaucoup un spectacle plus digne.

Mais que leur importe. Ils consacrent depuis deux semaines déjà le moindre moment qu’ils ont de libre à marteler le pavé d’un pas incertain, polluant les avenues commerçantes de leur omniprésence étouffante.

Ils se déplacent parfois seuls, le plus souvent accompagnés de la personne qui meuble leur quotidien. Ils viennent en masse satisfaire un besoin que leur esprit sait factice mais se force de juger vital sous le poids de la tradition et des regards voisins.

Parfois pendant leurs achats, ils râlent contre une caissière trop lente, un magasin trop bondé ou un vendeur trop insistant. Mais la plupart du temps, ils se contentent de progresser dans un silence docile, de rayons en étages et de cabines d’essayage en caisses enregistreuses. Jusqu’à la prochaine boutique.

La perspective de braver le froid polaire d’avenues venteuses puis la fournaise volcanique de boutiques surchauffées devrait les dissuader de toute incursion en ces terres inhospitalières. Celle de dilapider le rare pécule leur restant en bourse après une année de gaspillages effrénés ne devrait guère plus les réjouir.

Il n’en est rien. L’imminence du 25 est trop forte ; le besoin qu’il crée, irrépressible. Alors, ils avancent. D’une allure robotique. L’œil vide. Le cerveau guère plus rempli.

Parfois, ils vont par deux et s’adressent sporadiquement quelques mots, sans un regard. Pour savoir si le vêtement convoité parviendra à cacher la difformité de la personne appelée à s’en vêtir. Ou pour deviner si le roman choisi n’incommodera pas son récipiendaire par la bassesse du niveau intellectuel requis pour le lire.

Et puis, le silence reprend ses droits.

Parfois, la surabondance d’articles que leur échoppe préférée expose en vitrine leur fait perdre calme et raison. Ça se voit à l’expression « enfant-obèse-lâché-dans-un-magasin-de-friandises-avec-un-billet-de-50 » qui se peint sur leur visage. Ça se sent à l’odeur « joggeuse-en-état-de-décomposition-avancée-au-fond-d’un-sous-bois » qui s’échappe de leur postérieur.

Avec du recul, cette angoisse pourrait presque s’entendre. Après tout, ils essaient quand même d’exprimer les sentiments forts et uniques qu’ils ont pour une personne en lui offrant un objet standardisé et fabriqué à la chaîne à l’autre bout du monde.

Cela dit, d’autres se compliquent sensiblement moins la tâche et ne s’embarrassent pas de bon goût au moment de jeter leur dévolu sur tel ou tel cadeau.

Au moment du déballage, ce sont ceux dont les offrandes diront en silence  « Trésor, mon amour pour toi vaut les deux marcassins qu’il a fallu dépecer pour fabriquer cette paire de chaussures, les trois hectares de forêts qu’il a fallu raser pour tisser ce foulard et les quatre heures de travail acharné qu’il a fallu à un enfant rachitique pour arracher cette pierre précieuse au rocher qui la renfermait ».

Tout un programme.

Mais dernièrement, mon propre cynisme à propos de ces masses grouillantes et dépensières a fini par me lasser. J’ai donc voulu me faire violence et me suis mêlé à leur cortège d’acheteurs compulsifs, en entrant dans une maroquinerie. Pour voir.

Là, quand l’un d’eux, hésitant entre deux sacs, est venu solliciter mon avis, j’ai voulu l’aider. Quand il m’a demandé de désigner celui qui, selon moi, était le plus susceptible de convaincre son compagnon de lui lécher les testicules, j’ai renoncé. J’ai bien vu que je n’étais pas prêt.

Le centre-ville est à eux. Pour l’heure, je le leur laisse. »

*****

Ce furent les derniers mots connus d’un bien lourd témoignage.

Cher disparu, nous saluons ton courage dans l’adversité.

M.J.C.

Mise à jour : aux dernières nouvelles, ce valeureux combattant du conformisme et du prêt-à-penser aurait été aperçu le soir du Réveillon, chez Castel, dans un état d’ébriété avancé, hurlant dans un micro les paroles de « Et quand il pète, il troue son slip » et urinant à même le seau de champagne.

M.J.C.