Enter The Moch

Recommandé par les Pompes Funèbres Générales.

Mois : décembre, 2012

LA NOËL

xms

« Il y a 2012 ans à Bethléem, un âne et un bœuf voyaient la quiétude de leur modeste étable troublée par un couple de nécessiteux sur le point d’accueillir un enfant.

Approchant leurs mufles de la mangeoire où l’on venait de le déposer, les deux bêtes se mirent instinctivement à réchauffer le nouveau-né dont la vie semblait alors si fragile et parvinrent à le maintenir en vie.

Aujourd’hui, on s’accorde à penser que l’on a massacré, torturé et pillé au nom de cet adorable nourrisson plus que pour n’importe quel autre dictateur asiatico-stalinien sur la tangente.

En cette période si propice aux bonnes grâces, mon amie court vêtue et moi-même avons néanmoins tenu à partager une pensée émue et sincère pour l’Enfant Jésus et lui souhaitons ainsi un joyeux anniversaire.

Nous en profitons également pour prier tous les ânes, bœufs et autres animaux de la ferme de bien vouloir s’occuper de leurs affaires la prochaine fois qu’une pimbêche désargentée s’apprête à mettre bas dans leur grange.

L’Humanité vous en saura gré. »

Communiqué officiel de Mochman Judah Crawford, Président d’Honneur de l’Association 30 Millions d’Ennemis

M.J.C.

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C’ETAIT MIEUX AVANT

TIK

« Red Hot, Nirvana et Pearl Jam pour $19,50. Sans commentaire. »

M.J.C.

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« Oh c’est mignon… Il fait semblant d’être nostalgique d’une période dont il n’a cure et d’une musique qu’il n’a jamais écoutée. »

La petite voix dans la tête de M.J.C.

*

« J’t’emmerde. »

M.J.C.

*

« Navrant. »

La petite voix dans la tête de M.J.C.

J’AIME CE JEU

« Le basket est un sport de connards, pratiqué par des salopes et regardé par des fils de pute. »

James NAISMITH, inventeur du basketball, 1891

Naismith

Par ces quelques mots tout simples, le Docteur ès-balle orange fit entrer le basket dans l’histoire du sport.

Mais toi, quelle est ta place dans l’histoire du basket ?

Le quiz qui suit t’aidera peut-être à y répondre. Mais j’en doute fortement.

Pour ceux qui voudraient quand même voir, c’est par là.

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QUEL BASKETTEUR ES-TU ?

1) C’est le premier entraînement de la saison dans ta toute nouvelle équipe. L’expérience t’a appris que c’est le moment idéal pour t’affirmer et montrer qu’il faudra compter sur ta sale gueule pour sauver la baraque le samedi soir. Du coup, tu as passé ton été à :

a) ne rien faire. Tu es le meilleur. Tu n’as pas besoin de t’entraîner. Sérieusement ? We talkin’ ‘bout practice, right ? How silly’s that ? Pour toi, l’entretien est réservé aux bagnoles, la remise en forme aux truies que la maternité a rendues grassouillettes. Oui, tu as la haine ;

b) t’entraîner comme un chien. Tu as délaissé tes bâtards de potes et le tromblon qui te sert de meuf pour jouer comme un acharné, jour et nuit façon Oscar Schmidt, harcelant le concierge pour qu’il t’ouvre la salle municipale et squattant le playground à en cramer tes pompes sur le goudron ;

c) respecter à la lettre le programme de maintien en forme que tu suis chaque année depuis que tu es en poussin. Du coup, après 15 minutes de footing, 30 abdos et 20 pompes, tu rentrais t’enfermer dans ta piaule pour tracer NBA 2K pendant 8 heures d’affilée, la conscience aussi tranquille que Babac après cinq Big Mac ;

d) faire des pâtés de sable. 10 ans que tu joues au basket à raison de trois soirs par semaine et t’as jamais progressé. Pas de raison que ça change cette année. Tu as donc préféré attendre le vendeur de beignets sur ta serviette et entretenir ton cancer de la peau par 35 ° à l’ombre.

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2) On t’avait prévenu : ton nouveau coach est un maniaque de la prépa physique. Deux semaines que t’as repris et toujours pas une gonfle à te mettre sous la pogne. Mais le calvaire doit prendre fin aujourd’hui – c’est prévu – avec le test Luc Léger. Beau joueur, tu décides de :

a) faire le test en marchant. Tu ne supportes déjà pas les ordres quand ils viennent d’un être humain, alors tu ne vas certainement pas accélérer la cadence parce que le « bip » strident d’une machine bolchévique te demande de le faire ;

b) t’arracher jusqu’à ton pallier max. Tu passes les 5 dernières minutes de la cession à courir seul d’une ligne de fond à l’autre, tes coéquipiers qui s’enthousiasmaient au début commencent à clairement se faire chier et ton coach hésite à te classer dans les catégories « capitaine exemplaire » ou « lèche-boules imbuvable » ;

c) mesurer ton effort. A l’instar d’une adepte de bukkake ou d’un Fred Weis à Sydney, tu prends sur toi. Tu continues de courir en attendant simplement qu’un mec encore moins préparé que toi ne craque. Dès que ça arrive, tu fais une longueur pour la forme et tu t’arrêtes ;

d) sortir le drapeau blanc. T’étais déjà essoufflé en sortant des vestiaires, tes jambes remplies d’acide lactique après deux montées de genoux et ton t-shirt trempé après un tipping. Quand tu t’es arrêté au palier 2, Grégory Lemarchal a ri depuis son nuage en pensant à tes poumons.

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3) Le style est fondamental pour tout basketteur qui se respecte et ça ne t’a pas échappé. Tu ne comptes d’ailleurs plus les joueurs qui ont escroqué du temps de jeu voire des carrières entières en ayant juste le look qu’il fallait au bon moment. Conscient de cela, tu optes pour :

a) un style épuré. Hormis ta paire de Jordan XI que tu renouvelles chaque année, tu ne portes que le minimum imposé. Un short, un t-shirt. Tu jouerais même à poil s’ils te laissaient faire. Les artifices qu’utilisent les autres ne servent selon toi qu’à masquer la pauvreté de leur jeu ;

b) un style à la page. Tu as toujours eu les trucs en vogue avant qu’ils ne deviennent mainstream : le cuissard de Byron Scott, les Pump de Dee Brown, le pansement d’Anfernee, les tresses plaquées de Latrell, la brassière de Iv’ et maintenant le mono-sourcil d’Anthony Davis. A l’excès parfois ;

c) un style discutable. Tu as parfois cherché à faire dans l’original mais trop souvent oublié que tout ne va pas à tout le monde. Du coup, tes potes te chambrent encore sur tes Adidas Dikembe Mutombo, tes lunettes de plongée Horace Grant, ta moustache James Edwards et ton mulet Dwayne Schintzius ;

d) un style rincé. T’as beau avoir suffisamment de maille pour t’acheter des sappes correctes, ton manque de goût proverbial est sans appel : chaussures Patrick, short Kipsta, maillot du PSG, poignet éponge Le Coq Sportif. Ta dégaine à la Ostrowski fait mal à la mode et au basket à chacune de tes apparitions.

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4) Briller sur un terrain n’est pas donné à tout le monde. Pour ceux que la nature a généreusement dotés de deux moignons en guise de mains, il reste toujours la possibilité de se faire remarquer par sa culture basket. A ce propos, ta source de référence à toi, c’est plutôt :

a) Slam et ESPN. Mais que ce soit bien clair pour tout le monde : tu daignes seulement lire ou voir les reportages consacrés à la crème. Qu’on ne vienne pas t’emmerder avec les seconds tours de draft, les matches d’ULEB CUP et les perfs de l’équipe de France féminine ;

b) tout. Petit, tu lisais Mondial Basket et 5 Majeur, en matant en boucle les cassettes NBA Jam Session, Guts and Glory et Come Fly With Me. Ado, tu es passé à Basket News et Tyler, suivais l’Euroleague sur Pathé et NBA Action sur Canal. Et maintenant, c’est BasketUSA, Reverse, Hoopmixtape et tu viens même de lâcher 11 balles par mois pour BeIn Sport. Tu es atteint ;

c) ce qui se présente. Tu t’es déjà surpris à partager les analyses techniques de Patrick Montel et Lionel Chamoullaud pendant un reportage de Stade 2 ; pépite hebdomadaire d’une minute trente censé couvrir un mois d’actu basket et dont la moitié est consacrée à la vie sentimentale et artistique de Tony Parker. T’es pas difficile ;

d) SoFoot et Snatch. Tu as bien essayé de te mettre à la page niveau basket mais sans plus de succès que sur le parquet. T’as donc choisi de lire des revues bien écrites, drôles, pertinentes et donc nécessairement sans rapport avec la balle orange. Vous avez dit ‘hater’ ?

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5) Au-delà des supports médiatiques traditionnels, le basket a osé plusieurs incursions dans le milieu du septième art ces dernières années. Si tu devais t’identifier à l’une des œuvres cinématographiques consacrées à la balle orange, ce serait plutôt :

a) aucune. Pour toi, les muses du sport n’ont inspiré aux réalisateurs que des déjections basketballistiques en 8mm. Même He Got Game ? Surtout He Got Game ! Une sombre merde où le jeu des acteurs est aussi mauvais que caricatural, le scenario convenu et le réal’ en état de mort artistico-cérébrale quand il a osé torcher cet immondice. Gérard d’Or sans discussion ;

b) les classiques. Ton souhait de voir le basket devenir un sport majeur et populaire en France t’oblige à aimer les meilleurs films du genre. Tu as adoré Coach Carter, recommandé Blue Chips à tes amis, trippé sur Les Blancs ne savent pas sauter, enchaîné d’interminables exos de dextérité après A toi de jouer, petit et versé une larme devant Basketball Diaries ;

c) l’innommable. Soigneusement rangés à côté de tes mixs sur Bryant Reeves, Constantin Popa et Bruno Coqueran, trônent tes films préférés : Space Jam, Air Bud Buddy et Shaolin Basket… Les Frères Lumière s’en retournent encore dans leur tombe;

d) Paniers à deux boules. Un porno gay. Avant chaque match. Pour des raisons personnelles. T’assumes.

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6) Comme le veut le règlement, tu disputes chaque année la moitié des matchs de championnat loin de tes terres. Et sauf à ce que tu fasses partie de l’élite, tu sais que les rencontres à l’extérieur sont synonymes de trajet à la con dans un bus de merde. Ta réaction première est :

a) l’indignation. Déjà exaspéré par le niveau de tes prétendus « coéquipiers », dégoûté par les sosies de Yannick Souvré qui s’entassent en séniors filles, tu fulmines à présent en découvrant le car déglingué aux fauteuils moquette dans lequel tu vas passer 6 heures un samedi sur deux. Tu commences à parler sur les mères des dirigeants ;

b) la motivation. Tu te sers de l’adversité et du moindre obstacle pour attiser ta fureur de vaincre. On te ferait voyager dans la soute d’un 35 tonnes espagnol sans amortisseur avec du Sexion d’Assaut dans les oreilles que ça ne te rendrait que plus déterminé. Du coup, les dirigeants envisagent sérieusement de te faire voyager en stop ;

c) l’abattement. T’étais déjà pas super motivé pour faire les matchs à l‘extérieur, eu égard aux épisodes de South Park que t’as à rattraper et voilà qu’on te cloisonne dans un nid d’acariens en compagnie de gens qui pour la moitié ne connaîtra toujours pas ton nom de famille à la mi-saison. Pas top ;

d) l’indifférence. Le trajet va te permettre de jouer un peu aux cartes, de regarder Gladiator pour la 132ème fois, de manger trop de chips à la pause de 16H, de passer tout l’échauffement aux chiottes et le reste du match sur le banc. Des fois, tu poseras même un lapin sans prévenir. Tu t’en branles en fait.

PL

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7) Comme n’a cessé de te le répéter ton premier coach avant de se pendre, l’échauffement est au basket ce que le pot de vaseline est au rectum d’un arrivant avant sa première douche à Fleury : un préalable indispensable. Du coup, ton attitude, c’est :

a) la nonchalance. Tu n’as pas besoin de réviser tes gammes, c’est toi qui les as inventées. Ton corps n’a pas à être mis en condition, il est en perpétuelle ébullition. Tu ignores le public, mets des vents aux potes qui viennent pour un chestbump et boycotte le discours d’avant-match. Ghetto youth hasta la muerte ;

b) la concentration. Tu conduis tous les exercices, tu comptes à voix haute chaque panier, tu sprintes jusqu’aux lignes, tu passes voir individuellement chacun de tes gars, tu lâches deux phrases aux arbitres, tu prends les dernières consignes auprès du coach et tout ça, dans un timing minuté. Avec des dents longues et un aileron sur le dos, tu ferais bander Laurent Sciarra ;

c) le suivisme. L’échauffement, c’est un peu l’histoire de ta vie : tu te laisses porter, tu suis la masse. Quand on te lisait la parabole du berger au catéchisme, tu t’identifiais aux moutons. Du coup, tu mets tes layups, tentes un fadeaway qui finit sur la tranche, te dribbles deux fois sur le pied et pars te rassoir. T’as fait tes quotas. Un Johan Pétro du pauvre en somme ;

d) le tourisme. A la base, tu ne devais même pas être sur la feuille de match. Mais un mec n’est pas venu et t’habitais à côté de la salle donc… Sachant que tu ne rentreras pas en jeu, tu passes la moitié du warmup à chercher la plus bonne meuf des tribunes et l’autre moitié à tenter des 3-6 Rider façon Abdou Bamba pour l’impressionner alors que tu touches péniblement le filet. Un zozo.

Charles BARKLEY Dunk

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8) Le match a débuté sur les chapeaux de roue et bizarrement, ton équipe vient de prendre un 13-0 par surprise. Après avoir bien stimulé son neurone, ton coach décide de prendre un temps mort. Mais non content de sortir les banalités d’usage, il ne propose rien de concret. Tu décides de :

a) l’humilier. Tu fronces les sourcils d’incrédulité, secoues ostensiblement la tête en signe d’exaspération, soupires bruyamment à chacune de ses phrases, tchippes comme un Gwada avec le secret espoir de lui loger un postillon sur la face et repars sur le terrain avant la fin du speech en grommelant un truc qui finit par « …coach qui pue la merde ». Parrain ;

b) le suppléer. T’as bien compris que ce coach allait rapidement atteindre ses limites ; son palmarès de basketteur UNSS n’ayant laissé que peu de doute à ce sujet. Tu prends donc les choses en main comme Bill Russel en 69, commandes un passage en double boîte-triangle et installe une Princeton Offense For Dummies. Tu as de la ressource ;

c) l’écouter. Tu as vaguement conscience de la vacuité du discours prononcé – du Didier Doebbels dans le texte – mais tu crains de ne pouvoir changer les choses seul. Tu veux bien faire un effort à la seule condition que les gars du cinq recollent un peu au score. Tu te décides donc  à envoyer un message raisonnable au coach en laçant enfin une de tes chaussures ;

d) l’ignorer. Depuis que t’as réussi à capter l’attention de la deuxième moins vilaine de la salle, tu as oublié qu’il y avait un match. Tu t’amuses à faire des grimaces, à dessiner des bites sur la plaquette, à faire les oreilles d’âne à tes potes, à dévisser à moitié les bouteilles de flotte, à crier « Aiiigh’ ! » dès qu’un gars a fini de parler. Tu es nocif.

jwill

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9) On siffle la mi-temps et le constat est sans appel : ton équipe accuse 25 points de retard au tableau d’affichage. Regagnant les vestiaires avec les autres, tu écoutes le coach brasser encore un peu d’air puis n’y tenant plus, tu décides de :

a) te lever, marcher vers lui et, dans un silence de cathédrale, lui gifler sa race. Le gars n’est ni Malkovic ni Messina : il baissera logiquement le regard. Tu le prieras ensuite de quitter la salle, le club et la ville sous huitaine ;

b) rameuter les troupes une énième fois en multipliant les références aux comebacks irréels et autres rallies légendaires qui ont marqué l’histoire du basket (Bulls / Magic’96, Vitoria / Partizan’03, Pau Nord Est / Mazerolles’10) ;

c) montrer à tes potes que t’es vraiment concerné par ce qu’il se dit en arborant une mine renfrognée alors qu’en réalité, tu es juste être en train de calculer dans ta tête pour quelle heure tu seras rentré chez toi en prenant en compte les temps-morts, les fautes, la réception d’après-match et le trajet retour ;

d) te dessaper et partir directement à la douche sous le regard médusé du reste de l’équipe. Pendant que le coach parle, tu te savonnes en chantant fort et essaie de distraire tes potes en faisant l’hélicoptère avec ta bite. On en a crucifié pour moins que ça.

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10) La rencontre a repris et manifestement les Dieux du basket n’ont pas l’air d’avoir changé de projet pour ton équipe de bras cassés. Pis, même les deux Gris semblent résolus à vous plomber. A ce propos, tes relations avec le corps arbitral sont généralement :

a) orageuses. Le moindre coup de sifflet, même en ta faveur, hérisse tes poils et te fait pousser des griffes. Le jour où Ruslan Avleev a fumé un arbitre, t’as applaudi. Tu collectionnes les fautes techniques, tant à l’échauffement qu’à +20 et trente secondes à jouer. La Fédé a un dossier sur toi qui ressemble à un casier judiciaire et la Commission de discipline te craint. Loup blanc ;

b) cordiales. Tu as bien compris que beaucoup d’arbitres traînent la frustration de n’avoir pu percer en temps que joueur. Du coup, tu acquiesces même au plus inepte de leurs coups de sifflets, ne manques jamais de les saluer avant et après le match et leur confies avoir la biographie de Monsieur Dorizon sur ta table de chevet. Rien d’étonnant à ce que tu te retrouves 10 fois par match sur la ligne des lancers. Renard ;

c) fluctuantes. Tu ne sais jamais trop si les arbitres se souviennent de toi. T’as beau croiser tout le temps les mêmes gonz, tu n’arrives pas à gagner leur estime. Des fois, tu essaies de leur parler des brins que tu prends mais eux se barrent en plein milieu de tes explications. Ton charisme à la Laurent Pluvy sous antibiotique n’aide pas. Epagneul breton ;

d) inexistantes. Les arbitres ne calculent même pas si tu leur as ou non serré la main. Tu es tellement transparent à leurs yeux qu’il n’est pas rare de les voir vérifier si ton équipe n’est pas en infériorité numérique quand t’es sur le terrain. En fait, tu pourrais chier sur leurs pompes en plein match qu’ils s’en apercevraient à peine. Concombre de mer.

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11) A la faveur d’un concours de circonstances à peine probable, ton équipe est parvenue à revenir au score. Mieux, la dernière possession est pour vous et il reste 10 secondes à jouer. Sachant que les légendes se construisent dans le money time, tu décides de :

a) tuer le match. Le ballon est dans tes mains et n’en sortira que pour filer vers le cercle. Peu importe qu’un de tes gars soit démarqué ou que tu sois enfermé dans une prise à trois, le dernier shoot sera tien ou ne sera pas. Lorsque tu le prends, tu n’attends même pas de voir s’il est rentré : tu te retournes et lèves les bras façon Arenas. En cas d’échec, tu n’oublieras pas d’accabler tes coéquipiers ;

b) jouer juste. Héritant naturellement de la balle, tu n’en demeures pas moins conscient que le salut ne viendra pas nécessairement d’un buzzer beater  héroïque mais peut-être d‘une vieille passe à deux mains dénuée d’originalité. Après tout, si même Mike l’a compris… ;

c) ne rien faire d’inconsidéré. Tu sais ce que tu vaux et sortir du rôle de passe-plat qu’on t’a attribué serait risqué. Tu te tiens donc à distance raisonnable de la balle et te contentes de poser un écran non porteur à un collègue dont tu sais qu’il n’héritera pas de la balle lui non plus. Histoire de… ;

d) te planquer. Tu te mets dans le corner, limite accroupi et commence à hiberner. En même temps, ton grand-père s’est caché dans le maquis en 42 et en ai ressorti trois ans plus tard avec la légion d’honneur sans avoir tiré une seule cartouche. Quelque part, c’est la tradition familiale que tu perpétues. Patriote, va !

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12) Les matchs se suivent mais ne se ressemblent pas. Ton coach, passé maître dans l’art de la double anale managériale t’a laissé faisander tout le game  sur le banc pour ne te faire rentrer que dans le garbage time. Piqué au vif, tu décides de :

a) ne pas mettre un pied sur le terrain. Il n’est pas dit qu’un sous-entraîneur de district parviendra un jour à associer ton nom au « temps des poubelles ». Qu’on se le dise, on ne te prend pas impunément pour un vulgaire Jérôme Moïso ;

b) entrer en jeu sans rechigner mais avec la ferme intention de dire à ton coach le fond de ta pensée une fois le match fini. T’as beau être un joueur idéal à la mentalité exemplaire (genre le gamin qu’auraient pu avoir Jim Bilba et Matt Harpring si l’un d’eux avait eu un utérus), faut quand même pas déconner non plus ;

c) foncer sur le parquet et donner tout ce que t’as. Rien ne te plaît davantage que ces moments sans enjeu où tes ratages en série n’auront aucun impact sur l’issue du match. Les mauvaises langues diront que ta lâcheté s’exprime alors dans sa pleine mesure. Tu ne les contrediras pas forcément ;

d) faire une apparition. La perspective de rentabiliser une licence à 150 euros pourrait te convaincre de faire un effort mais non, pas là non. Tu te contentes de regarder tes homologues détritus qu’on est en train de recycler avec toi et tu leur rends leurs regards vides et sans âme. Salle des sports, morne plaine.

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13) A moins d’évoluer dans le désert de Gobi ou pire, en Auvergne, tes rencontres se déroulent généralement en public. Un public averti de fins connaisseurs, naturellement. Mais, il arrive de temps à autre, qu’un esprit marginal s’immisce dans la foule et invective les acteurs de la rencontre. Cible de ses vociférations, tu préfères :

a) considérer ce heckler aviné comme ton véritable adversaire du jour. Après chaque panier inscrit, tu te lances dans une joute verbale avec lui façon Yo mama ! en lui rappelant toutefois que si tu as le power de Reggie, lui est loin d’avoir le niveau de Spike. Tu lui demandes donc de repartir écluser et/ou violer ses enfants comme le font habituellement les gens de son village. Tu te fais au passage quelques amis de plus dans la salle;

b) rester de marbre. Tu devines que derrière ce masque de bruit et de fureur se cache sans doute un être doux et rêveur mais dont l’incommunicabilité chronique reste le talon d’Achille. Tu te contentes donc de jouer sans prêter l’oreille aux allusions détaillées que l’énergumène formule sur la prétendue lubricité de ta génitrice ;

c) mettre les pieds dans le plat. Tu as toujours rêvé d’être pris à partie par un spectateur comme Jordan à qui un fan avait reproché d’avoir tomar la race à Stockton. Le souci c’est qu’après deux airballs, trois turnovers et un panier contre ton camp, le mec a compris qu’il allait perdre son temps à essayer de te déstabiliser. T’es déjà bien assez rénèz comme ça ;

d) t’accouder à la barrière et entamer un trollage dans les règles de l’art. Tu chauffes ce challenger sorti d’un mauvais Confessions Intimes comme si tu étais sur un forum consacré à l’Holocauste ou au mariage gay et finis par lui faire péter son ulcère. S’il résiste, tu t’offres un remake solitaire de RonRon dans Malice At The Palace. Au fait, ça a donné quoi le match ?

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14) Les joueurs de l’équipe que tu affrontes ce soir traînent derrière eux une sinistre réputation de casseurs de bouche. Du genre à exhiber des colliers d’oreilles sauvagement arrachés aux corps encore chauds de leurs défunts adversaires. Pour toi, ce genre de basketteurs, c’est :

a) un paradoxe. Tu as développé une sorte de haine globale contre tous les êtres vivants de la planète mais bizarrement, les blousons noirs des parquets ont réussi à gagner un certain respect de ta part. Tels Roger Duquesnoy ou William Gradit en soirée, ils dispensent une violence gratuite et aveugle qui n’est pas pour te déplaire. La réciproque est vraie aussi ;

b) un mal nécessaire. Même si tu es un amoureux du beau jeu et des actions fluides, tu sais qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Bill Laimbeer n’avait beau être à tes yeux qu’un Jeffrey Dahmmer en short, il n’en restait pas moins un vrai basketteur dont la rugosité a magnifié les exploits des plus grands. Tu pardonnes donc aux plus impétueux de tes adversaires ;

c) une honte. Tu trouves scandaleux que de tels délinquants aient encore une licence à ce jour. Là, c’est surtout ton côté lopette/John Amaechi qui parle. P’tet aussi que ces loubards te rappellent un peu trop le Gros Kader qui a mangé ton goûter pendant tes 8 années de collège. En même temps, t’aurais été moins ripou en cours, tu diminuais ton calvaire de moitié donc bon…

d) un délire. Etant généralement en dehors des débats autant que des bastons, c’est toujours avec un plaisir non dissimulé que tu assistes aux odieux forfaits commis contre tes potes par une équipe bâtie sur le modèle de la fratrie Spanghero. La droite de Kermit Washington sur Rudy-T est de la pisse de rat comparé à certaines mornifles de vikings dont tes coéquipiers purent être récipiendaires. Et toi, t’aimes ça.

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15) Farfouillant dans ta mémoire comme l’index d’un puceau dans un pubis touffu, tu essaies de te souvenir comment a pu te prendre un jour l’idée saugrenue de vouloir jouer au basket. Après quelques minutes d’intense flashback, tu te rappelles que :

a) tu étais trop honnête et digne pour jouer au foot, trop intelligent et habillé pour finir rugbyman, trop beau et racé pour t’abaisser à la boxe… En fait, avant de découvrir le volley féminin, tu allais jusqu’à remettre en cause l’existence-même de tout autre sport que le basket. Sinon, y avait Mike à l’époque aussi… ;

b) tu as essayé beaucoup d’autres sports étant plus jeune et même montré de très bonnes dispositions pour certains d’entre eux. Et puis un jour, tu as décidé d’arrêter les conneries. Faut dire qu’y avait Mike à l’époque aussi… ;

c) ta connasse de mère t’avait obligé à faire du sport mais tu avais quand même posé une condition non négociable : un sport d’intérieur. Le froid, la pluie, la boue et le gel seraient ton quotidien une fois SDF mais à ce moment-là, t’avais encore le choix. Et puis comme y avait Mike à l’époque aussi… ;

d) tu voulais vérifier la légende urbaine attribuant aux Noirs un sexe démesurément long mais tu  n’étais pas prêt à séjourner en prison pour t’en assurer. Tu as donc choisi un contexte plus sûr pour aller à la rencontre des bestiaux et en étudier l’anatomie lors de la toilette d’après-training. Rien à foutre de Mike par contre.

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Question bonus : Et pour finir, comment ne pas évoquer le débat incontournable qui agite jour après jour la communauté de l’anneau : qui est le plus grand joueur de tous les temps ? Rares sont ceux qui peuvent prétendre au statut de G.O.A.T. et tu le sais. A cette question, tu réponds :

a) « T’es sérieux, là ? » ;

b) « T’es sérieux, là ? » ;

c) « T’es sérieux, là ? » ;

d) « T’es sérieux, là ? ».

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RESULTATS

Tu as obtenu une majorité de a) : qu’on soit bien clair, tu adores le basket. Mais l’aversion que tu montres pour tout le folklore qui l’accompagne peut laisser croire le contraire. Tu te revois notamment fendre le crâne de ce gamin qui multipliait les reprises de dribbles pour singer Hot Sauce et les mixtapes And1. Pour toi, ce sport béni des dieux ne devrait être réservé qu’à une certaine caste dont tu ferais naturellement partie. MJ est la seule référence que tu admettes. Lebron et Kobe ne sont que des copycats à peine présentables. Les autres devraient être déportés dans des training camps. Sans concession ;

Tu as obtenu une majorité de b) : tu es un puriste. Tu as plus d’amour pour Earvin et Larry que pour certains membres de ta famille, tu connais mieux les stats de Dejan et Drazen que tes cours d’éco, tu mates plus souvent les duels McRae-Winslow / Rivers-Richardson que ton reflet dans le miroir. Tu bois, manges et respires basket. T’as même convaincu ta meuf de se tondre la chatte façon planche de basket pour avoir l’impression de ne pas stopper l’entraînement quand tu lui tomars son petit panier. Day ‘n’ night ;

Tu as obtenu une majorité de c) : t’aimes le basket comme on te conseille d’aimer l’alcool : avec modération. Ce sport et toi, c’est « je t’aime, moi non plus » : à chaque fois que tu pourrais en tomber fou, tu lâches un match fantôme où tu passes pour un toxibar devant tous les gens que t’as invité et chaque fois que tu veux tout abandonner, tu sors un match où tu prends feu comme un moine tibétain. Ce paradoxe se poursuit jusque dans ta culture basket où t’es incollable sur James White et Baranek mais infoutu de faire la différence entre Karl et Moses Malone ;

Tu as obtenu une majorité de d) : le basket est un running gag qui n’a que trop duré. Tu en as conscience mais tu t’en tapes, tu continues à te pointer à la salle et à t’entraîner. Dans quel but ? Personne ne le sait. La communauté scientifique se perd en conjectures à ton sujet et même ta psy ne comprend pas ton attachement à un sport qui essaie de te repousser de toutes ses forces. L’alcool, la drogue, l’alignement des planètes, la reformation des G-Squad pourraient être des débuts d’explications mais y a autre chose. Enigme.

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M.J.C.