Enter The Moch

Recommandé par les Pompes Funèbres Générales.

Mois : juin, 2013

BONHOMME ?

« Titoune ? C’est toi qui a touché à ma crème de jour ? »

Mike Tyson, Las Vegas, 08/11/1996, veille de combat contre Evander Holyfield

ll

*********

Aussi curieux que cela puisse paraître, chaque homme a en lui toutes les ressources – je dis bien « toutes » – pour se comporter comme une vraie fiotasse dans la vie.

Certes, les meilleurs d’entre nous parviennent au terme de leur existence en ayant réussi l’exploit notable d‘avoir  contenu l’action de ces germes insidieux et restent ainsi dans les mémoires comme les macs les plus frais du système solaire, hermétiques aux actions flinguées et aux erreurs de style qui cassent des réput’.

Mais pour la grande majorité des gens, la vie se résume à un enchaînement de situations dans lesquelles leur diamètre de testicules joue de l’accordéon chaque fois qu’il faut s’affirmer et gagner le respect de pairs exigeants.

Les hypothèses son nombreuses pour essayer d’expliquer la tendance : Œdipe non encore résolu, sensibilité trop exacerbée, part d’homosexualité refoulée, lâcheté à la française, enfance à Tourcoing…

Mais au-delà de ces conjectures, qui ne t’intéressent au final guère plus que la logorrhée post-coïtale du plan-boules qui te dépanne tous les samedi soirs depuis 3 ans maintenant, une seule véritable question demeure :

Quelle est ton degré d’infection par le virus de la tarlouzerie ?

Ne cherche plus, ENTER THE MOCH a le quizz qu’il te faut pour trouver la réponse – forcément décevante – à ce questionnement.

Après toi, gros.

*********

QUELLE TARLOUZE ES-TU ?

1) Un groupe de lascars à court de feu, de feuilles, de fumette et de flèches t’accoste dans la rue pour quérir quelque assistance. Bien décidé à ne pas céder une once du précieux pécule que tu as en poche ni à te séparer de l’arsenal du Petit Camé que tu as également sur toi, tu décides de leur tenir tête. Manque de pot, ils prennent la mouche et parlent de te casser la bouche. Tu décides de :

a) bluffer. Tu ne sais pas te battre et le dernier coup de poing que tu as lâché était au placenta de ta mère alors que tu flottais encore dans son utérus. Mais qu’importe ! Tu décides d’y aller à l’intox et, avec le visage impassible du gars qui vient de mater l’intégrale de Jason Statham, leur dis d’aller voir ailleurs. Quelle que soit leur réaction, on te retrouve 15 minutes plus tard en train de vomir dans une ruelle, choqué par ta propre effronterie et/ou par la branlée que tu viens de prendre ;

b) sprinter. A la seconde où tu as vu Abdelkrim et sa clique de fonblars avancer vers toi, le film de ta vie s’est mis à défiler dans ta tête. Or dans ce défilé d’images furtives où le rôle de victime t’était souvent réservé, il y a le souvenir de cette rencontre avec Usain Bolt à Londres grâce aux amis de Papa. C’est un signe, il te faut fuir tel Cheb Mami devant des obligations familiales. Bilan de la course : seulement un poumon HS et une élongation aux ischios à déplorer. Tu as connu pire ;

c) obéir. Charles Villeneuve et ses amis de TF1 t’ont clairement expliqué que ces terroristes polygames et mysogines ne reculent devant aucun génocide pour étancher leur soif de sang chrétien. N’étant pas plus généreusement doté au niveau de l’entre-jambes que les 30 millions de collabos qui peuplaient la France en 44, tu leur donnes tout de que tu as sur toi ; y compris ton tazzer et ta lacrymo. T’as raison, ils ne t’auraient servi à rien dans ces circonstances… ;

d) te soumettre. Tu hésites généralement entre Option 1) leur tourner le dos, baisser ton Diesel à 200 barres, te pencher en avant et laisser les quatre mômes de 14 ans qui t’ont accosté t’embourber comme une vulgaire militante de Ni Putes Ni Soumises ou Option 2) t’agenouiller sans mot dire, défaire leurs joggings Tacchini, écraser une larme en pensant à tes ancêtre qui te renient depuis là-haut et commencer à gober des chibres en série devant les passants. Pas glorieux glorieux.

aa*

2) Financièrement parlant, ça n’a jamais été la grosse bamboula pour toi. Genre tu peines à te rappeler la dernière fois où tu as vu deux billets de 20 côte à côte dans ton larfeuille. Malgré cela, tes amis continuent de te prendre pour une succursale ambulante de Goldman Sachs. Dans le rouge tel Némo sortant de Maman, tu vas voir l’un de tes potes emprunteurs pour recouvrer ta créance. Face à lui, tu es plutôt :

a) incisif. Tu joues l’attaque d’emblée. Ou plutôt tu essaies. Tu multiplies en effet les circonvolutions soporifiques pour expliquer à l’emprunteur indélicat que tu pourrais peut-être, dans un futur proche, avoir besoin d’une partie de l’argent qu’il t’a emprunté, si ça ne le dérange pas. Convaincu d’avoir fait montre d’une poigne de fer quasi-thatchérienne, tu te satisfais d’être arrivé à lâcher le morceau en à peine 23 minutes et tu te barres sans écouter la réponse de ton débiteur. Cerveau ;

b) sournois. Tu savais le jour-même où tu as consenti cette avance que tu n’en reverrais jamais la couleur sauf à employer les grands moyens. Qu’à cela ne tienne : tu les emploieras, ces grands moyens. En l’occurrence, tu profiteras d’un moment d’inattention ou d’une absence prolongée de ton obligé pour lui vampiriser tout l’argent qui traîne chez lui, sur son bureau, dans sa caisse ou ses habits. On repassera pour le chevaleresque de la méthode mais on applaudira pour son efficacité ;

c) diplomate. Tu dégueules une diatribe démagogique en jouant à mort sur l’affect ; expliquant à Pedro La Pince que toi aussi tu as été à sa place par le passé et que c’est pas simple et que tu comprends mais que lui aussi doit comprendre et que c’est pas contre lui et qu’après tout il te doit pas tant que ça et qu’il peut faire un effort et que c’est pas la peine de soupirer et qu’il fallait y penser avant d’acheter 8 kilos de shit au pneu Michelin inrefourgable avec ton blé. Dans 9 cas sur 10, ton débit monocorde et répétitif aura raison de sa patience ;

d) faiblard. Depuis que tu t’es mis en tête de récupérer ton oseille, tu laisses dans tes slips des traces de cambouis qu’on ne retrouve même pas dans les paddocks des 24H du Mans. Mais une force étrange te pousse à aller voir celui que tu considères comme un extorqueur de fonds afin de récupérer ton dû. Arrivant fébrile devant l’intéressé, tu lui bafouilles lamentablement tes doléances,  écoute ses explications fumeuses et te rends compte 5 minutes après avoir quitté l’apprenti Maddof que tu lui as accordé une rallonge du double de sa dette. Zozo.

bank

*

3) Après 11 ans de bons et loyaux services dans une boîte qui t’a amené à reconsidérer chaque matin l’intérêt de ne pas entendre la rame de métro pour avancer sur les rails, tu es enfin convoqué dans le bureau du boss. Aucun doute pour toi, c’est forcément pour régler les détails de ta promotion et déterminer notamment quelle paire de lèvres purpurines viendra s’enrouler autour de tes couilles à la pause café de 10H. Malheureusement, le sujet du jour n’est ni ton évolution interne ni la désignation d’une secrétaire particulière mais plutôt ta mutation à 500 kilomètres de là. Excédé, tu décides de :

a) craquer ton slip. Tu attends patiemment que le négrier en costard bon marché finisse d’embaumer la pièce avec ses explications vaseuses fleurant bon le litre de pastis malgré l’heure matinale et tu passes à l’action. Te penchant par-dessus le burlingue, tu attrapes l’impudent par la cravate et lui offres ton meilleur direct du droit dans le menton pour l’assommer. Bon dans les faits, tu as ripé sur sa chemise, lui as envoyé un soufflet sur la joue et finis virer pour faute grave avec plainte au pénal mais on reconnaîtra qu’il y avait de l’idée dans ton geste ;

b) faire front. Bien que connu au bureau sous l’intrigant pseudonyme de « Mais siii ! L’aut’ pauv’ merde, là », tu ne te laisseras pas faire cette fois-ci. Tu prends une interminable bouffée d’oxygène et coupe le patron alors qu’il est en train de te décrire le 11m² sans fenêtre ni eau courante qui n’attend que toi dans le lointain. Piètre joueur de poker, tu fais tapis direct et promets de remettre ta démission si ta déportation professionnelle devient réalité. Sacrément couillu, même si on te retrouve une heure après à la porte des locaux, ton mug et ton agrafeuse dans une boîte en carton ;

c) chercher une issue légale. Ayant malencontreusement oublié ton scrotum dans un endroit dont tu cherches chaque soir la localisation en envoyant « BALLS » au 8 12 12, tu laisses le chef vidanger ses projets obscurs dans tes écoutilles sans esquisser ne serait-ce qu’un battement de cœur. Un peu sonné par la nouvelle, tu sors du bureau, gagnes péniblement le QG des RH et te renseignes sur la possibilité de traîner ton supérieur aux Assises suite au viol avec actes de barbarie que vient de subir ton amour propre. Bien tenté mais le non lieu est inévitable ;

d) être enthousiaste. Né sous le signe du manchon de canard, les astres te prédisposaient à mener une existence de produit alimentaire que l’on boulotte sans même y prêter attention. Aussi le patron n’a-t-il guère pris la peine de te ménager pour t’annoncer que ton desk sera dorénavant celui de la stagiaire inexpérimentée aux gros seins qu’il vient de débaucher à la Chatte Gourmande. En retour, tu le remercies, presque ému, pour le nouveau challenge qu’il t’offre et les bénéfices innombrables que tu en tireras ; même si ta femme t’a déjà annoncé qu’elle restera à quai avec les gosses.

gg*

4) Après avoir décliné les dernières invitations à dîner de ton beau-père (en prétextant tour à tour un ténia, un jumeau retrouvé, une greffe de tête puis  une finale régionale de viol par équipe), tu as finalement cédé et promis d’assister à son prochain barbecue dominical. On te retrouve ainsi quelques jours plus tard à table, face à un hôte loquace et éméché, à écouter des propos céliniens dont la teneur outrancière suffirait à démarrer une nouvelle guerre mondiale. Ton attitude face à cette prose :

a) le sarcasme. T’inspirant de l’humour foudroyant des auteurs du Petit Journal, tu feins d’apprécier la diarrhée verbale que beau-papa démoule dans tes cages à miel mais multiplie en réalité les petites remarques sournoises à voix baisse. Ta hardiesse te grise tellement que tu ne peux réprimer ce petit sourire en coin qu’affiche tout bon connard sans humour après une blague à peine passable. Dommage que tu n’aies pas été plus attentif : tu aurais vu ton alcoolique de beau-père griller ton manège et peut-être même eu le temps d’éviter son Jéroboam de Ricard à peine entamé ;

b) l’indécision. Ton problème à toi, c’est que tu as peur de tout. Tu crains plus ton propre libre arbitre que le cancer en phase terminale qui te ronge. Rien d’étonnant à ce que l’on te retrouve dans la moitié des vidéos SM de Youjizz, que tu coches la case « NSP » dans chaque sondage auquel tu réponds et que tu souhaites te réincarner en ramasseur de coton bantou en stage chez l’Oncle Sam. Rien d’étonnant non plus à ce que tu hausses les épaules avec l’air paniqué du cancre qu’on envoie au tableau chaque fois que ton beau-père cherche à obtenir une réponse de ta part. Tu es terne ;

c) l’approbation. Quoique gêné par l’insanité du discours ordurier de beau-papa, tu le serais encore plus si tu devais défendre haut et fort tes opinions. Alors après avoir comparé les options qui s’offrent à toi, tu retiens celle qui expose le moins ton petit fion d’épagneul breton et acquiesce poliment à tout ce que tu entends. Tu n’es certes que moyennement d’accord avec son idée de rouvrir les chambres à gaz pour y fumer les Gitans et utiliser leurs cendres pour remplacer la terre battue de Roland-Garros mais bon, si c’est le prix pour passer un repas tranquille… ;

d) la conversion. Non content de laisser ton hôte multiplier les cumshots gluants sur la face du monde, tu es instantanément convaincu par le bien-fondé de ses thèses et applaudis des deux mains chacune de ses nouvelles projections séminales de haine pure. Ton absence totale de personnalité fait de toi un morceau de terre glaise chaud et humide que ce Patrick Swayze de bazar prend plaisir à modeler. Tu es devenu sa grosse pute et il lui faudrait moins de 5 minutes pour te convaincre de porter une ceinture d’explosif. Félicitations : ta présence sur Terre n’est officiellement plus indispensable.

cc*

5) L’un des moments que tu redoutes le plus, tant pour ta santé que celle de tes proches, vient d’arriver comme il le fait encore de trop nombreuses fois chaque année : tu dois aller à la poste. Problème : ton patron aime te voir quitter le travail après les stagiaires non rémunérés et les femmes de ménage, donc impossible pour toi d’être aux P.T.T. avant l’heure du goûter qui est aussi celle de fermeture. Conclusion : pas d’autre issue pour toi que de boycotter la pause déj’ et filer au bureau le proche. Dans la queue depuis 25 minutes, tu te fais soudain griller par une vieille mamie de merde. Ta réaction :

a) la bousculade asexuée. Alors que ta volonté de détruire une vie humaine par écrasage-de-gueule-sur-le-guichet partait d’un bon sentiment, tu te fais dessus au moment du bouquet final. En effet, au lieu de finir la vioque au sol à coups de Stan Smith, tu préfères ravaler ta rage et prétexter un malheureux accident ; pleurnichant tel un athlète qui avouerait avoir triché pour réussir son 100 mètres en 6’’4.Tu as au passage levé chez les témoins de la scène un grand doute te concernant : tu es bien l’enfant d’une dame qui prête son corps à des messieurs différents contre de l’argent ;

b) le Oh ! scandalisé. Généralement réservé aux bourgeoises trois fois ménopausées dont le caniche vient de prendre un coup de latte de clodo ronchon, ton petit cri outré trahit ta réelle personnalité. Tu es, à même pas 30 ans, ce vieux con qui gueule contre les jeunes qui escaladent sa clôture l’été pour lui piquer des cerises. Tu sais déjà ce qui t’attend : une épouse rousse, deux enfants sages, un pavillon à étage, des voisins instits… puis un vote très à droite, des sessions zoophiles avec le cochon d’Inde de ta fille et le massacre collectif de ta famille. Tu peux aussi te pendre dès maintenant ;

c) le fixage de pieds. On a beau t’avoir appris que regarder avec insistance c’est mal, tu ne peux t’empêcher de lorgner sur tes chaussures comme si tu les redécouvrais. Cette posture immobile, en vogue dans la Pompéi post-éruptive, en dit long sur la fureur qui s’empare de toi quand frappe l’injustice. Il y a même fort à croire que tu n’aurais pas bougé une oreille si Mamie avait vidé sa couche sur la lettre urgentissime que t’es venu poster. Mais ne t’inquiète pas, tu n’y es pour rien. Je suis sûr que si on t’avait donné le choix, tu aurais toi aussi préféré que la capote ne craque pas le soir de ta conception ;

d) l’excuse sincère. Ton cas est préoccupant. En temps normal, on peut trouver des circonstances atténuantes à celui qui essaie au moins d’être de mauvaise foi pour justifier son inertie et sa lâcheté face aux agressions extérieures. Mais toi, même pas. Tu reconnais ta faute piteusement alors que personne ne t’y oblige et fais même acte de contrition en te rendant de toi-même au bout de la queue. Voir tes parents se faire torturer éveillerait peut-être en toi l’amour propre qui te manque pour marquer ton territoire mais on ne se risquera pas à parier.

dd*

6) Te rendant au marché bio pour acheter des légumes et des épices (sans commentaire), tu es seul témoin de l’innommable agression dont vient d’être victime un pauvre grand-père alors qu’il attendait patiemment son bus et/ou la mort. Si la Nature avait été bien faite, c’est sur ton front dégarni que se seraient abattus les poings osseux et crénelés des deux agresseurs. Mais par chance pour toi, la sacoche pleine de tunes du vieux a précédé ton cabas plein de poireaux et de soja dans le champ de vision des barbares. Pris à partie par la foule qui t’exhorte à porter plainte, tu dis que :

a) tu iras témoigner. Pour que les coupables paient. Parce que tu es comme ça toi. D’ailleurs, aux gens qui se massent peu à peu autour de la victime, tu expliques que ta présence menaçante a dissuadé les délinquants de pousser plus loin leur jeu de massacre. Non en fait, tu te rappelles même avoir couru et fracturé la mâchoire des deux lascars qui étaient en fait cinq, tous ex-taulards fichés à la DCRI pour actes de tortures. Les gens font de toi leur héros. Du coup, ils ne comprennent pas pourquoi tu fuis quand les deux gamines de 12 ans reviennent trois minutes plus tard finir le travail ;

b) tu n’iras pas devant le juge. Non pas que tu aies peur de quelconques représailles mais juste parce que tu ne crois pas en la justice et au fonctionnement erratique de cet appareil régalien suranné dont l’inefficience et la partialité ne sont plus à démontrer. Naturellement, tu ne crois pas un traître mot de ce que tu dis et te contentes juste de régurgiter machinalement un bout de conversation volé la veille à des étudiants en droit de 2ème année. Mais si cette pirouette scandaleuse est le modeste tribut à acquitter pour préserver ton droit d’acheter ta nourriture de hamsters le dimanche matin… ;

c) tu n’as rien vu. Oui tu étais à deux mètres de l’action. Oui tu as très distinctement entendu un vieillard hurler à l’aide entre deux quintes de toux et autant de coups de poings. Mais c’était compter sans ce vilain glaucome à l’œil droit qui t’a empêché de voir clairement qui agressait qui. Tu te ranges de bon cœur à l’avis des riverains qui assurent que le grand-père a bien été la cible du passage à tabac et non son instigateur mais tu refuses malgré tout d’apporter ton concours à l’enquête. Pas avec ce flou qui embuait ta perception sensorielle au moment des faits. Au passage, celle-ci semble revenir à la normale alors que tu quittes les lieux ; les insultes et gestes obscènes des gens te parvenant de nouveau correctement ;

d) tu témoignes. Le jour du procès, tu arrives au palais de justice une heure avant l’audience, tu es déterminé. Tu as prévenu toute ta famille, tes collègues de bureau et Facebook que tu accomplissais ton devoir citoyen aujourd’hui. Installé à la barre, tu retrouves dans le box les deux fillettes accusées avec, assis derrière elles, leurs pères, frères, cousins et amis qui sont manifestement venus au tribunal avec leurs muscles et leur haine. Révisant ta posture dans la seconde, tu réécris l’histoire et livre au juge une version où le vieil homme, dealer et pédophile, essayait de voler leurs reins aux deux collégiennes innocentes. Il prend 20 ans ferme et toi, un aller simple pour le Panthéon des Enculés.

hh*

7) Ta connasse de grande sœur organise une soirée avec ses copines, toutes sans exception beaucoup plus bonnes que la plus bonne de tes deux mains. Aucun intérêt pour toi puisque tu es banni d’office de ce genre de sauteries et contraint à rester cloîtré dans ta chambre jusqu’à ce qu’elles décarrent en boîte. Mais à ta grande surprise, tu découvres après leur départ que l’une d’elles est tombée au vin d’honneur et qu’elle gît à présent inconsciente sur le canapé du salon. Essayant de désincarcérer une pensée claire du carambolage d’idées qui te vient à l’esprit, tu décides de :

a) ouvrir ton compteur de founes. On est déjà fin juin et tu attends encore ton tour pour tester les meilleures MST de la promotion 2013. Mais ce soir, tu rebats les cartes. Tes atouts : une zouz flinguée, une maison vide, un poste de police éloigné, de la corde et un parpaing si ça résiste. L’acte est violent, bestial, intense. Il dure longtemps et recommence plusieurs fois. Au petit matin, tu te réveilles satisfait aux côtés de celle qui t’a fait vibrer toute la nuit. Elle a les yeux blancs, tournés vers l’intérieur, le visage violacé et une mousse opaque aux bords des lèvres. L’extase personnifiée ;

b) jouer la prudence. Tu guettes à gauche, à droite, fais le tour de la maison, du jardin. Personne. Tu regagnes donc le séjour avec la confiance de celui qui va faire un gros dégât peinard à la Anders Breivik et t’allonges doucement à côté de ta proie. Là, en bon artiste qui a enfin la possibilité de s’exprimer, tu as le coup de pinceau généreux. Seul bémol : quand Cendrillon se réveille lors de la seconde couche. Mortifié, tu te laisses choir comme une merde de l’autre côté du sofa et feins un sommeil profond et imperturbable. Elle te scrute, secoue la tête, te méprise mais ne dira rien à personne. C’est gagné ;

c) appeler du renfort. Inutile de te bercer d’illusions, le corps médical t’a déclaré inapte au troussage de carcasses abandonnées il y a bien longtemps déjà. Tu t’en remets donc aux hyènes, vautours et autres charognards qui gravitent dans ton entourage afin de faire disparaître le pachyderme agonisant qui ronque et flouze depuis une heure dans le living. A peine as-tu raccroché ton téléphone que la sonnette retentit : les nettoyeurs sont déjà là. Pendant la curée, tu laisses les professionnels ouvrir la malheureuse du nombril au menton et regardes ailleurs. Au moins tu fais croquer les potes… ;

d) réveiller la Belle au bois dormant pour la coucher au lit. Tu es certes un homme normal et a donc d’abord pensé à tout ce que tu pouvais fourrer dans sa raie avant de te préoccuper de sa santé. Mais ton côté gentleman a pris le dessus. Comme on ne se refait jamais complètement, tu essaies quand même de lui coller un doigt ou deux pour la forme, pendant que tu l’épaules dans l’escalier, mais globalement ton ADN ne se mélangera au sien que dans des proportions infinitésimales ce soir-là. Sinon, des gens à l’autre bout du monde sont en attente d’un donneur pour une greffe de bite, penses-y…

kk*

8) Pour un être normalement constitué, le mois de juin coïncide généralement avec le début de l’été et donc de la traque aux postérieurs en minishort connus pour transformer d’honnêtes pères de famille en Guy Georges sans remords. Mais pour toi, grand inadapté social s’il en est, le 6ème mois de l’année n’est autre que celui des finales NBA. Contaminé au dernier stade par le virus du basket, tu as évidemment prévu de regarder l’intégralité des matchs sur BeIn malgré la pauvreté des commentaires. Sauf que ta copine ne l’entend pas de cette oreille et veut que tu restes au lit avec elle. Devant son incompréhension, tu choisis de :

a) l’étouffer avec son oreiller. Au moment de passer à l’acte, tu as un petit pincement. Aux couilles tout d’abord puisqu’elle t’y a logé un sale coup de talon en se débattant. Puis au cœur parce qu’elle t’aura quand même bien dépanné la bougresse pendant ta traversée de l’âge ingrat. Mais console-toi : tu as imposé ton style, ce n’est pas fréquent. Reste maintenant un léger détail à régler : tu comptes te branler sur le p’tit boul serré d’Erick Spoelstra ou sur le nez sans fin de Manu Ginobili ? Ah tu n’y avais pas pensé ? C’est con ;

b) la recadrer pour son bien. Il ne s’agit pas de violences conjugales, encore moins d’un vulgaire dressage domestique à la Wolfgang Priklopil. Il s’agit d’un hommage. Oui Monsieur. En offrant à l’arcade de ta copine le revêtement lisse et ergonomique de la dernière poêle Tefal, tu n’as fait que reproduire un geste maîtrisé à la perfection par les Jason Kidd, Allen Iverson, Dennis Rodman, Matt Barnes et autres Ron Artest. La situation exigeait que tu sois clutch. Tu lui as mis un In your face décisif. Il n’y aura pas de match retour. Elle déclare forfait et retourne chez sa mère. A toi, le game 7 ;

c) te lever en cachette. Jouons carte sur table : ta technique n’est pas la moins efficace. Il se peut même qu’elle t’ait déjà permis de suivre une série de playoffs en intégralité. Par contre, pas plus de testostérone dans ta stratégie que dans un concert de Jean-Jacques Goldman ou un bilan sanguin de Robert Swift. C’est dommage : c’est quand même toi qui paies le loyer et qui remplis les placards depuis deux ans, tu pourrais avoir ton mot à dire. Mais cela ne fait rien. Reste devant la télé avec ta bière que tu sirotes et tes chips que tu manges. Sans faire de bruit. Tu aurais pu être un homme, mon fils ;

d) renoncer à ta passion. Si le mobile de cette trahison aux œuvres de Jordan & co avait été l’amour éperdu que tu nourris pour ta meuf, l’excuse aurait pu éventuellement s’entendre. Tu aurais quand même été lynché par tes amis les plus proches mais pas plus. Là, ce n’est pas le cas. Seule la peur du châtiment conjugal que te ferait subir ta copine suffit à ce que tu tournes le dos à ce(ux) que tu aimes le plus. Tel un vulgaire Jason Collins de passage à la Fistinière. Quand on pense que des gars comme Drazen Petrovic ou Chris Bosh sont morts et que l’air continue de refluer dans tes poumons, ça laisse songeur…

ii*

9) Ayant fait imploser tes incisives lors d’un concours de gobage de noix de coco (…), tu dois te rendre à l’évidence aujourd’hui : les deux morceaux de carton peints au blanco que tu as collés  sur tes gencives ne t’aident pas du tout à mâcher ton beefsteak. Te voici donc installé, un brin crispé, sur la chaise de souffrance de ton dentiste. Praticien dépressif ne s’étant jamais complètement remis de l’arrêt de Navarro, le brave homme à la patte tremblante a la réputation de laisser des charniers bucco-dentaires après chaque intervention. Au bout de 10 secondes de fraise, les deux litres de sang qui se déversent de ta bouche te confirment la légende. Avant de perdre connaissance, tu t’efforces de :

a) le planter. Il n’est pas dit que tu mourras allongé sans tenter de suriner ce boucher remboursé par la SECU. Dans un geste désespéré, tu essaies donc de saisir l’une des mèches métalliques disposées sur le chariot en inox pour la lui planter dans le ventre. Manque de pot, tu as le bras trop court et ne parviens à atteindre le plateau. Pis : tes doigts frôlent par mégarde l’entrejambes de l’ennemi. Son regard s’allume soudain d’un désir nouveau. Il pose alors son matériel, défait sa blouse et… tu t’endors. On retrouve ton corps violenté dans une ruelle deux jours plus tard. Au moins t’as essayé… ;

b) l’insulter. Déjà passablement abruti en temps normal, la dose chevaline de calmants que t’as faite ingérer le dentiste ne t’a pas arrangé. Tu gis donc amorphe sur le fauteuil, régurgitant plus de salive que tu n’en as dans le corps et promenant ton regard lobotomisé sur les trois néons du plafond. Rassemblant tes forces, tu essaies de lui exprimer ta franche désapprobation quant à ses méthodes. Mais du « Va niquer ta mère et mange tes morts, sale chien ! » que tu lui adresses, il ne distinguera que des gargarismes étouffés. Ce qui n’est peut-être pas plus mal, finalement… ;

c) le raisonner. Avec le morceau de langue qu’il ne t’a pas encore arraché, tu essaies de lui dire que ça arrive à tout le monde d’avoir la main leste de temps en temps et que c’est vrai que tu as un peu bougé toi aussi un moment donné et que c’est déjà pas mal ce qu’il arrive à faire avec 1/10 à chaque œil et que tu es sûr qu’un jour ils le réintègreront dans l’Ordre et qu’il n’est pas obligé de s’occuper de ta deuxième dent et que tu te sens déjà mieux grâce à lui. Ton émouvante tirade a porté ses fruits : il t’a peut-être sectionné ce qu’il te restait de langue mais ne touche plus à tes dents ;

d) garder une mine réjouie. Etant par nature frêle et couard, tu n’envisages pas une seule seconde brusquer l’alcoolique maladroit qui ravage l’intérieur de tes joues de son instrument recourbé. Malgré la douleur insoutenable qui te déchire lorsque le crochet en fer perce ta luette, tu n’émets le moindre son et t’efforces de garder l’air dégagé du gars à qui on a juste oublié de serrer la main. Ce n’est que lorsque son outil traverse ta nuque et se plante dans l’appui-tête que ton dentiste adoré daigne s’excuser pour la « piqûre » ressentie. Mais magnanime, tu souris pour le rassurer. Et puis tu meurs.

bb*

10) L’Apocalypse est pour ce soir. Les binoclards calvitieux des labos scientifiques du monde entier sont formels : le gros bordel rocailleux de 12000 tonnes qui arrive sur la Terre à la vitesse d’un Romain au galop (d’où le gallo-romain… ouais j’t’emmerde moi aussi) va laisser dans la planète un trou aussi béant que genre… la techa de la mère des mecs qu’ont pas ri à la blague d’avant (tiens, j’te nique !). Etourdi par la nouvelle, tu décides de faire tout ce dont tu as toujours rêvé, c’est-à-dire :

a) devenir le mac suprême. Tu as trop maté Scarface et imité la bouche tordue de Tony devant la glace pour ne pas profiter de l’aubaine. Comme animé d’un déclic soudain, ton corps ne réclame plus qu’une chose : de la coke, du champagne et des putes. Tu sors donc dans la rue, déterminé, et commence ta quête. Au moment où l’astéroïde a frappé la Terre, tu éteignais ton joint dans une canette de Sprite et t’apprêtais à  sucer ton frère… Franchement, presque ;

b) régler tes comptes sur Facebook. Tu ne connais pas la moitié de ces contacts et l’autre te sort par les yeux. Tu attends l’occasion de crier ta haine à la face du monde depuis trop longtemps. C’est maintenant qu’il faut te lâcher. Tu t’installes devant ton ordi et commence à cliquer quand tu t’aperçois que tes 821 contacts ont décidé, curieuse initiative, de faire subir à ton wall les derniers outrages. Une avalanche d’insultes. Peut-être se souviennent-ils encore de ton précédent déballage en décembre 2012 ? Dommage : avec un meilleur timing, tu évitais de passer à l’éternité en paria ;

c) rejoindre une secte. Vivant, tu appelais la mort de tes souhaits et maintenant qu’elle est imminente, tu n’es plus trop sûr de toi. N’étant pas un leader charismatique, tu t’en remets naturellement à un gourou à pilosité faciale abondante pour guider tes pas vers l’au-delà. Après lui avoir confié tes filles et ta femme, tu lui donnes les numéros de ta carte pour qu’il réserve le vaisseau spatial. Il a pensé à tout, le Guide. Et tu l’aimes pour ça. Tiens, bois donc le breuvage qu’il t’a préparé, le Guide. Tu seras soulagé pour toujours et le reste du monde aussi ;

d) attendre la mort. Seul. Sans penser à rien. Tu es égal à toi-même. Jusqu’au bout, tu auras été un gâchis de cellules et de tissus musculaires. Tu te seras goinfré d’oxygène alors que ce gaz aurait pu ouvrir les bronches du nouveau-né censé guérir le SIDA un jour. Chacun de tes faits et gestes aura été une ligne de plus sur le casier judiciaire du genre humain. Tout le monde est atterré par ta passivité : hommes, femmes, enfants, animaux, plantes vertes, mobiliers de jardin. Même la météorite te trouve scandaleux. Au final, tu es peut-être l’un des rares motifs de ne pas regretter la fin du monde.

ee*

Question bonus : une fois n’est pas coutume, tu as quelque chose de prévu ce weekend. Quelqu’un a sans le vouloir cocher ton numéro dans son répertoire et tu te retrouves destinataire d’une invitation. Rien d’exceptionnel certes mais tu ne comptes pas laisser à l’auteur du message le temps de se rendre compte de son erreur. Tu décides donc de te préparer et fonces logiquement en premier chez ton coiffeur préféré. Confortablement installé sur ton fauteuil en sky à lire le dernier Closer que tu connais déjà par cœur, tu te rends soudain compte que :

a) t’es une grosse tarlouze ;

b) t’es une grosse tarlouze ;

c) t’es une grosse tarlouze ;

d) t’es une grosse tarlouze.

ff

**********

RESULTATS

Tu as une majorité de a) : tu es une petite tapette. Qu’on se le dise, il s’en est fallu de peu pour que tu développes des testicules dignes de ce nom et puisse te réclamer du sexe fort. A la place, tu te ballades aujourd’hui avec un courant d’air entre les jambes et un ouragan de questions dans la tête. Mais ton cas n’est pas aussi désespéré que celui d’une prostituée endettée au vagin cousu. En multipliant les tentatives hasardeuses et maladroites, tu arrives parfois, sur un malentendu, à te faire passer pour un mec normal qui assume juste un peu plus que les autres sa part de féminité. Courage, petite… ;

Tu as obtenu une majorité de b) : tu es un gros pédé. Un tantinet moins bien loti que ton prédécesseur, la marge entre toi et Bear Grylls est déjà plus significative. D’ailleurs ce dernier te dévorerait probablement vivant s’il croisait ton physique de faon anémié dans le froid hivernal d’un sous-bois canadien. Cela dit, tel l’enfant chinois avec une machine à coudre dans les mains et une carabine à plomb dans le dos, tu sais te débrouiller. Tu parviens ainsi de temps à temps à faire moins pire que ce qu’on attendait de toi voire à surprendre les gens dans le bon sens. Mais l’ensemble reste assez médiocre ;

Tu as obtenu une majorité de c) : tu es une sale tantouze. Ta capacité à accepter l’inacceptable sans broncher a de quoi laisser rêveur. Combien de dictateurs frissonneraient d’envie à l’idée d’avoir à régner sur un pays uniquement composé de gens comme toi ? Je l’ignore. Toi aussi mais ça t’est égal : tu as accepté la défaite il y a longtemps et ne comptes plus aujourd’hui le nombre d’ « amis » qui ont fourré la queue massive de leur autorité dans le vagin béant de ton obéissance. Si seulement ton caractère était aussi trempé que le sont tes sous-vêtements dès qu’une porte claque ou qu’un ordre est crié un peu trop fort… ;

Tu as obtenu une majorité de d) : tu es une tarlouzasse de merde. Pour beaucoup, le simple fait que tu continues de respirer, malgré ce monde qui te rejette de toutes ses forces, s’apparente à un acharnement thérapeutique infligé à toi-même. Tu incarnes tout ce que l’on souhaiterait n’avoir jamais vu se matérialiser sur terre et le simple fait d’entendre parler de toi suffit parfois à mettre mal à l’aise. Tu es le brouillon raturé d’un scenario raté qu’un réalisateur aveugle s’est entêté à porter à l’écran malgré la désapprobation de ses pairs. Pour le bien de tous, il serait temps que tu partes. Loin. De nos yeux et de nos mémoires.

**********

M.J.C.

1 PAPA + 1 MAMAN

fam

« L’homoparentalité est contre nature. Laissons donc aux couples hétéros la tâche d’élever nos enfants et de poser avec eux dans la bonne ambiance exhibitionniste, incestueuse et pédophile des ateliers photos d’antan. »

Alliance Vita – Communiqué de presse, Paris, XVIème (arrondissement et siècle)

M.J.C.

MOMENT DE GRACE

myphoto(26)

myphoto(27)

myphoto(28)

myphoto(29)

M.J.C.