Enter The Moch

Recommandé par les Pompes Funèbres Générales.

I-GORE

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POLITIQUE

Daesh.

Contrairement à ce qu’avancent certaines théories, rien n’indique avec certitude que le groupe terroriste ait profité d’une faille spatiotemporelle et d’une DeLorean gonflé au plutonium pour arriver du Moyen-Âge jusqu’à notre époque. Selon toute vraisemblance, les futurs membres d’EI étaient déjà présents sur place, entre Mossoul et Raqqa, sans manifester de motivation particulière à l’idée d’une croisade apocalyptique contre la mécréance mondiale. Ce ne serait que l’écoute prolongée de PNL et d’imams sous kétamine qui aurait suscité chez cette population mononeuronale inoffensive l’envie de se muer en une horde sanguinaire semant chaos et désolation derrière elle.

Fun fact : les prêcheurs à l’origine de cette transformation funeste ne seraient pas apparus dans le Golfe sans la chute de Saddam et les dix ans de guerre civile qui l’ont suivie.

Depuis 2011, le territoire contrôlé par Daesh n’a cessé de s’étendre. Si vagins mutilés et têtes coupées sont des trophées de choix pour célébrer l’agrandissement du Califat, les membres d’EI ne crachent pas pour autant sur d’autres trésors de guerre plus facilement commercialisables, comme le gaz et le pétrole dont regorge le sol des terres conquises. Bien que le prix du baril ait connu une baisse significative et comparable à celle du cours du gaz naturel, les énergies fossiles demeurent une valeur économique refuge ; au même titre que l’or ou un feat avec Pharrell. La difficulté majeure reste naturellement de trouver des clients prêts à acheter des matières premières fleurant bon les effluves génocidaires d’antan.

Fun fact : les ressources du sous-sol irako-syrien n’ont jamais traversé les pipelines du Golfe ni les frontières du monde si tranquillement et fructueusement qu’aujourd’hui.

Au rang des passions méconnues qui font secrètement vibrer les membres de Daesh, la coutellerie figure en bonne place, juste entre la charcuterie et le porno gay. L’efficacité des armes blanches, alliée à leur faible coût et à la simplicité de leur maniement, permet à l’EI d’impacter les consciences et les caleçons des moins solides de leurs adversaires. Toutefois, l’argenterie ne rivalise pas encore avec les armes à feu dans le cœur froid des gens de Daesh. Ceux-ci continuent en effet d’exécuter l’essentiel de leur mission divine au moyen de fusils mitrailleurs, outils de choix qu’ils plébiscitent pour jouer les alchimistes 2.0 et transformer la chair en plomb.

Fun fact : dans le Golfe, on ne fabrique pas beaucoup d’armes, on n’en fait peu commerce avec les pays voisins et pourtant on n’en manque jamais.

Comme Nike et Robert Hue, Daesh a le regard tourné vers l’internationale. En s‘attaquant à la France, le groupe a conquis un nouveau marché de la terreur et intensifié sensiblement le rythme de son expansion. Mais ainsi que son service de com’ le lui aura fait remarquer, cette progression ne s’est pas faite sans susciter quelques inimitiés au sein de la communauté internationale. En fait, la réprobation a été si planétairement unanime que même des criminels de guerre blacklistés sont devenus les alliés privilégiés des puissances occidentales pour stopper la croissance d’EI. De mémoire d’historiens, une union des peuples à si grande échelle n’avait pas été observée depuis 1998 et la scène finale d’Armageddon.

Fun fact : le plus emblématique des enculés revenus en grâce aux yeux du monde pour résoudre le problème Daesh est aussi celui qui en a renforcé les rangs en vidant les prisons syriennes de ses pensionnaires islamistes.

La stratégie de lutte de Daesh, basée sur le sacrifice de ses propres ouailles, est gloutonne en personnel. Investir massivement dans le recrutement est donc devenu inévitable. Mais « massivement » ne veut pas dire « n’importe comment ». Nique sa mère donc les méthodes Manpower de recrutement par tracts papier. La sélection se fait désormais sur internet, via des films promotionnels inspirés de clips rap US et de jeux vidéos FPS. Carton assuré chez les cobayes de Pascal Le Grand Frère les plus influençables des candidats au jihad. Conscients du danger, les pouvoirs publics des grandes démocraties occidentales surveillent par conséquent de près les réseaux sociaux et mettent tout en œuvre pour que l’opération de séduction se solde par un échec.

Fun fact : les discours des classes dirigeantes post-attentats ont essentiellement eu pour effet de stigmatiser l’islam, de renforcer le communautarisme et de radicaliser les musulmans les plus à la marge.

CINÉMA

Un remake de Frankenstein est dans les salles actuellement.

M.J.C.

BALEC

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Nique sa mère la réinsertion l’insertion.

M.J.C.

ÇA SE GATE

Le scandale est l’apanage de toute bonne société de connards.

On le provoque puis se révolte de son existence. On l’alimente puis s’étonne de sa persistance. On le condamne puis met en garde contre sa résurgence.

Qu’il soit sportif, artistique ou politique, le scandale est omniprésent dans nos vies.

Au point qu’il semble en être devenu un métronome prolixe et sulfureux, dont il n’est pas toujours aisé de suivre le rythme.

Rattrapages.

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Le Watergate (1972)

NIXO 

1972. Des cambrioleurs discrets comme des rugbymen sous MD se font serrer pendant le casse d’un hôtel. Rien d’anormal jusque là. Si ce n’est que les bureaux qu’ils ont retournés sont ceux du Parti Démocrate à Washington, que l’on est en pleine campagne présidentielle et que le commanditaire de l’opération est Richard Nixon, 37ème président des Etats-Unis en fonction. Comme dirait la robe de Monica Lewinski, ça fait tâche. Dans un premier temps, l’affaire ne fracasse pas les tympans du public de par son peu de retentissement médiatique. Mais c’est compter sans l’acharnement de deux journalistes méthodiques et d’un indicateur haut placé. Les deux premiers, reporters au Washington Post, sont aussi teigneux dans leurs enquêtes que Robert Ménard devant un migrant fraudant le bus. Le troisième, bien nommé Gorge Profonde, est un 5 étoiles du FBI avec deux-trois infos sur le cambriolage susvisé et accessoirement sur le système d’espionnage mis en place par le candidat républicain à la réélection, jusque dans les murs de la Maison Blanche. La suite ? Une commission d’enquête sénatoriale casse les boules de Dick nuit et jour, les amis de ce dernier font ce qu’ils peuvent pour entraver la justice, de nouvelles charges viennent s’abattre sur ce ramassis de stratèges… pour finalement aboutir à la démission du Président fraîchement réélu. Rien que ça.

Leçon : un homme politique républicain mouillé dans un scandale d’écoutes téléphoniques ne peut pas être un candidat plausible à la présidence

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Le Nipplegate (2004)

NIPPLE

Il n’y a que trois choses de sacrées aux Etats-Unis : Dieu, les armes et le Superbowl. Si les deux premiers sont respectivement chargés d’apporter vie et mort au Citoyen Américain, le troisième s’occupe de lui procurer de la joie. Couronnant une saison de foot US plus disputée qu’une teub dans une réunion de nymphomanes, le Superbowl 2004 s’annonce encore une fois comme l’évènement télévisuel de l’année. Le spectacle de la mi-temps doit donc être au niveau. Chaque année, l’interruption du match à sa moitié est ainsi l’occasion pour les plus grosses traînées de la culture pop pour les artistes les plus populaires du moment de venir montrer l’étendue infinie de leurs talents et celle beaucoup plus limitée des habits qui les recouvrent. Carolina est menée par New England lorsque les joueurs laissent le terrain à Justin Timberlake et Janet Jackson pour l’entracte. A l’époque, Justin est aussi bankable que Janet est à la ramasse. Le premier enfile les hits et les chattes de groupies, la seconde : médocs et albums tout pourris. L’occasion donc pour la sœur de MJ de rappeler au monde qu’elle existe. Bilan : une mamie plastifiée exhibant à la face du monde une voix éraillée et un nichon ramolli. S’ensuivent hystérie collective de l’Amérique puritaine, lamentations publiques des deux artistes engagés et amende record pour la chaîne qui rediffuse le match ce soir-là. Le côté yin du rêve américain.

Leçon : ne jamais confier l’animation d’une soirée à la personne la plus désespérée du groupe

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Le Rubygate (2010)

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L’Italie est une transformiste zélée, capable de revêtir à merveille n’importe quelle parure politique. Ainsi après avoir été une monarchie, un morceau d’empire et une dictature fasciste, ses citoyens ont décidé d’en faire un théâtre dont la scène est réservée depuis 15 ans à Silvio Berlusconi. Cet homme d’affaires n’a dès lors cessé d’y exercer ses aptitudes naturelles pour les enculades en tout genre. On ne le pensait pas apte à transposer au monde politique sa fils-de-putance entrepreneuriale, il l’a fait. Mais en 2010, l’acrobate du pot de vin et de la saillie vulgaire/misogyne/raciste a failli laisser quelques plumes dans une affaire de mœurs impliquant, comme dans une histoire sortie du Courrier Picard, de l’alcool et des mineures. Le « e » est important ici. Quoique. Pour se détendre d’une vie publique agitée, le Président du Conseil avait ainsi pris l’habitude d’organiser des pool parties à la Rick Ross où des candidates recalées de la télé-réalité venaient louer leurs orifices à de vieux édiles encore capables de se tenir droit. Or, bien que très douée selon les témoignages, l’une d’entre elles – Ruby – s’est avérée ne pas avoir l’âge requis pour lécher des testicules poilus et pendants (y en a-t-il un ?). Après que le scandale a éclaté, le leader de Forza Italia a été condamné à 7 ans de zonzon en première instance pour incitation à la prostitution de mineure et abus de pouvoir. Avant d’être acquitté par la Cour d’appel de Milan en 2014. Et de pouvoir recommencer à balader ses couilles pleines et son cerveau inversement rempli sur les planches du Théâtre de la Grande Italie. Thuglife.

Leçon : Iceberg Slim et Don Corleone ont trouvé leur maître

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Le Piggate (2015)

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Le Premier Ministre britannique David Cameron, alors âgé de 18 ans, fourre sa queue dans la gueule d’un cochon mort pour son bizutage universitaire. Pas besoin d’en dire beaucoup plus.

Leçon : violer la dépouille d’un animal n’est pas nécessairement un handicap pour faire carrière en politique

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Le Slipgate (2015)

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« Le pinson est un nom vernaculaire donné à plusieurs petits passereaux granivores. On en recense environ 200 milliards en Europe, principalement répartis en deux espèces. Leur plumage est marron. Leur chant est pas génial. Tirez. ». A la lecture de cet extrait du Manuel du Chasseur, on aura compris que les pinsons sont un peu comme les fans de Justin Bieber : trop bruyants et nombreux pour qu’on n’en massacre pas quelques uns de temps en temps. C’est justement la riche idée qu’on eue des agriculteurs landais en plaçant des pièges à oiseaux un peu partout sur leurs terrains, à Audon. Mais c’était tabler sans la vigilance des amis des animaux ou « zoophiles » pour ceux qui aiment le latin. Emmenés par Allain Bougrain Dubourg, ceux-ci ont eu la non moins riche idée de démonter les cages avec un doigté de CRS sous Redbull. Le propriétaire des lieux, surpris par ce manque de tact envers ses installations, a alors tenu à signifier sa désapprobation de la méthode aux écologistes et journalistes présents sur place. A grands coups de pelle de chantier. Et en slip. Grosse erreur, le slip. En l’an de grâce 2015, la moindre image fait le tour du globe en deux clics. Même la plus insignifiante. Alors, celle d’un Néanderthal en Sloggy© qui donne des coups de pelle à un mangeur de kinoa… Il n’en fallait pas davantage pour que ce néo-Bernie des campagnes chalossaises devienne le sujet ridicule de photomontages viraux, d’articles de presse moqueurs et de reportages télévisuels insultants. Opprobre injustifiée pour un homme qui voulait juste contribuer, à son modeste niveau, à la destruction salutaire de nuisibles emplumés. Y a pas de justice.

Leçon : mettre un pantalon n’est pas vain pour qui veut conserver sa street-crédibilité

A suivre.

M.J.C.

LEGALISE ÇA

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Imitant le Colorado, Washington et l’Alaska, l’Oregon a légalisé la marie-jeanne.

M.J.C.

SENSIBILISONS LE FRANÇAIS MOYEN AUX TRAGEDIES DU TIERS MONDE

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Depuis quelques années, on dénombre dans les pays d’Afrique et de la péninsule arabique autant de tragédies humaines par semaine que de journalistes qui oublient d’en parler…
Entre les naufrages en Méditerranée, l’épidémie d’Ebola, les massacres signés Boko Haram et Daesh, et la famine généralisée dans la Corne de l’Afrique, pour ne citer que ces réjouissances, ce sont plus de 100.000 personnes qui sont mortes depuis le début de l’année au sud de la Méditerranée.
Or, en dépit de ce chiffre éloquent, ces évènements peinent à capter l’attention du Français moyen, qui lui a tendance à bloquer sur des tragédies plus ethnocentriques, type tuerie de Charlie, fermeture d’usine Continental et entorse de la cheville de son gamin au foot.
Mais comment donc parvenir à percer cet hymen d’indifférence qui drape la conscience du Français moyen ? Conseils.

1) Être moins noir
Si l’on s’en réfère aux statistiques très complètes de la Mairie de Béziers, il semblerait que le Français moyen soit un homme grand et fort, aux yeux bleus, blond de cheveux et dont la peau aurait la blancheur immaculée des Alpes. Françaises, naturellement. Si on laisse un peu de côté les fantasmes homo-érotiques de Robert Ménard, il reste que statistiquement, les Européens ont la peau plus claire que les gens de l’hémisphère Sud. Or, un facteur identitaire très primaire nous pousse à développer une empathie exacerbée pour ce qui nous ressemble. C’est établi. Certes, des esprits bravaches du Quartier latin se prétendront également affectés par la misère de tous leurs frères et sœurs, où qu’ils soient dans le monde et quelle que soit leur couleur de peau. Mais ne nous trompons pas : ce n’est là qu’une vantardise grossière de connards hypocrites dont l’action philanthropique se borne à donner 10 cts au même clochard sénégalais tous les jours depuis 5 ans en prenant bien soin de ne pas toucher ses doigts au moment de lui tendre la pièce. La réalité, elle, est là et bien tangible : le Français moyen se fout des malheurs qui affectent ses semblables au derme sombre, a fortiori de l’autre côté de la Méditerranée, car il ne se reconnaît pas en eux.
Ami à la peau noire ou marron, un conseil donc : blanchis. Cesse immédiatement les expositions prolongées au soleil et contracte au plus vite un vitiligo carabiné. Ce dernier te fera perdre quelques nuances sur la palette chromatique mais gagner quelques points sur l’échelle médiatique. La jurisprudence Michael Jackson achèvera de balayer tes derniers doutes.

2) Être conduit à la mort par un leader charismatique
Sous bien des aspects, l’Histoire est une harpie qui trouve dans l’empilement des corps et l’effusion de leur sang de quoi étancher sa faim et sa soif de grosse pute. Or, certaines des tragédies dont elle s’est repue ont eu plus de résonance que d’autres dans la conscience du Français moyen. La cause ? Le charisme des protagonistes qui y ont pris part. D’Adolf au pilote suicidaire de l’A320 en passant par Oussama et le capitaine frimeur du Costa Concordia, tous les anges de la mort qui ont su cultiver leur image sont devenus des icônes. Des icônes dont la mise en lumière médiatique a fini par rejaillir sur les macchabées qu’elles avaient laissés en morceaux ou en cendres derrière elles. Le problème actuel avec des groupes comme Daesh et Boko Haram -et par extension avec leurs victimes – c’est le déficit d’image de leur leader. le Français moyen ignore tout des chefs de ces deux groupes de gais lurons hormis leur passion pour les 4×4 et la dissection en plein air. Il ne connaît leur nom ni ne sait quel faciès rieur se cache sous ces longues barbes anonymes et stéréotypées. Conséquence de ce manque de lisibilité : on parle de Daesh et de Boko Haram comme de deux abstractions dont on devine certes les effets négatifs mais qu’on finit par ignorer pas tout à fait involontairement ; faute de pouvoir y rattacher un visage connu. Un peu comme on fait avec le gluten.
Ami promis à une mort certaine, un conseil donc : avant qu’ils ne t’équarrissent vivant, essaie de convaincre les Abou Bakr al-Baghdadi et autres Abubakar Shekau d’opter pour un signe distinctif à ériger en marque de fabrique. Genre la coupe oreille dégagée de Kim Jong-Un ou le jogging nylon délavé de Francis Heaulme. Et prie pour que Mademoiselle Agnès ou Cristina Cordula fasse une chronique dessus.

3) Faire sa propre pub sur les réseaux sociaux
Pour faire la promotion d’une cause auprès du grand public, on peut 1) sortir Jacques Séguéla de son squat de la Goutte d’Or et espérer voir jaillir de son cerveau rongé par le crack autre chose qu’une idée gênante de publicitaire à la ramasse depuis 30 ans ou 2) utiliser les réseaux sociaux. Si la première solution semble la plus funky tant le spectacle de Jack en badtrip mérite le coup d’œil, le seconde s’avère toutefois bien plus efficace pour sensibiliser le Français moyen aux malheurs des gens du Sud. Or si le pouvoir informatif des réseaux sociaux n’est plus à démontrer (cf. l’impact du Ice Bukkake Challenge sur la sexualité des Esquimaux), le Français moyen y déplore encore la trop grande discrétion des migrants du Sud. Jugez plutôt : pas le moindre selfie duckface instagrammé depuis un bateau qui coule, aucun évènement Facebook « Aidez-nous bande d’enculés, Boko Haram est à 100 mètres » et pas davantage de tweet polémique sur le mur de François Hollande pour dénoncer l’immobilisme de l’Europe en Syrie #balecdesbougnoules. Rien de tout ça.
Ami destiné à l’oubli médiatique, un conseil donc : accrois dès à présent ta visibilité sur les plateformes communautaires. Il te suffira d’une vidéo larmoyante ou d’une série de photos coupe-faim partagée en ligne pour déclencher outre-mer un élan de solidarité insoupçonnée / culpabilité incontrôlable aux conséquences médiatiques immédiates. Au besoin, n’hésite pas à emprunter la 4G d’un voisin passeur ou djihadiste.

4) Mourir avec originalité
Certes ici, l’aspect budgétaire de la chose peut s’avérer problématique voir quasi-rédhibitoire pour des migrants désargentés. Mais comme le Dr Menguélé s’amusait à le répéter entre deux consultations, « C’est fou ce qu’on arrive à faire avec une perceuse, un rabbin et un peu d’imagination. ». Si l’on fait abstraction de la passion du Doktor pour l’outillage bon marché et la communauté ashkénaze, on retiendra de sa citation que tout est possible en étant inventif. Or, s’il se garde de jeter la pierre à ces Africains que la Vie lapide déjà bien assez, le Français moyen regrette souvent le manque patent de fantaisie dont ces malheureux font preuve dans leur manière d’aller à la mort. Finir noyé sur un rafiot en état d’avarie avant même d’avoir largué les amarres, ce n’est pas une grosse surprise. Se faire désosser vif puis flamber au gasoil par ses voisins de quartier quand ces derniers sont les réformés P4 de la garde personnelle de Bachar el-Assad, ça n’étonne pas non plus grand monde. Ce genre de scénario, c’est un peu comme une vidéo de Jacquie et Michel entre une lycéenne attardée et les quatre pédophiles refoulés qui l’encerclent : tu n’as pas encore regardé les premières secondes que t’en connais déjà les dernières.
Ami promis à un sort inévitable, un conseil donc : opte pour de l’inattendu, de l’audacieux, de l’extraordinaire ! Essaie de te faire abattre à la kalash en pleine capitale européenne, de te crasher à bord d’un A380 ou de te faire piétiner par un troupeau de phacochères sous acides. Ça sera toujours l’occasion d’une chronique marrante dans Vice ou Society…

5) Être célèbre avant le drame
S’il est une grande leçon que l’on doit retenir des drames de Charlie Hebdo et de Dropped, c’est que le statut de star peut grandement vous faciliter l’accès aux gros titres et au cœur du Français moyen. Et pour cause. Les stars sont aux journalistes ce qu’une étudiante sans surveillance est à des ouvriers libidineux dans un bus indien : un puits d’excitation sans fond. Il faut les comprendre : en temps normal, les journalistes détiennent seuls le pouvoir d’orienter les projecteurs de leurs médias vers le sujet et les anonymes de leur choix. Ils peuvent donc fabriquer artificiellement des vedettes mais qui au final, ne seront jamais que des pseudo-icônes artificielles et sans substance. Or les artistes et sportifs professionnels se distinguent des starlettes en carton-pâte par leur faculté à avoir atteint la célébrité par leurs propres moyens, sans avoir tapiné auprès des journalistes. Ces derniers n’arrivent généralement qu’après l’éclosion du phénomène et ne peuvent donc s’en attribuer le mérite. Ce qui leur fout une haine prodigieuse. Aussi, dès qu’une tragédie fauche ces gens qui ont eu l’audace de réussir sans leur aide, les journalistes se déchaînent sur la carcasse encore chaude et poisseuse de leurs carrières fraîchement brisées.
Ami sans don particulier, un conseil donc : travaille tes sprints et tes pas de danse, bosse tes sauts et tes tours de chant. Il y aura forcément un expert en performances artistiques ou sportives, genre Daphné Burki ou Patrick Montel, pour donner un écho dramatique à la perte que représenterait ta mort à l’échelle de l’humanité. Et Daphné et Patrick, le Français moyen, il leur fait confiance.

6) Laisser ses tracas à la maison
S’il est volontiers romantique, poète et philosophe, le Français moyen sait également se montrer égoïste, râleur et impatient. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à l’observer dans la rue, lorsqu’il se fait interpeler de manière impromptue pour une pièce ou une signature : il tolèrera, certes d’être momentanément dérangé dans ses occupations, mais il ne supportera pas de l’être pour entendre parler des problèmes d’un autre. C’est comme ça. A sa décharge, reconnaissons qu’il a déjà forte à faire au quotidien, entre les gens qui klaxonnent au feu rouge, ceux qui lui vendent ses clopes à prix d’or et ceux qui font des travaux bruyants en bas de chez lui. Or l’un des problèmes avec ces infortunées peuplades forcées à une vie exsangue ou d’exil, c’est qu’elles parlent rarement d’autre chose quand on leur tend un micro. Comme si toute leur vie n’était qu’un manège sans fin, tournant autour de l’axe monotone d’une unique tragédie. Or le Français moyen est habitué aux divertissements variés, il aime quand des nouveautés lui font oublier son propre quotidien d’esclave volontaire.
Ami taciturne, un conseil donc : agonise sur ton lit de camp avec le sourire ou fais des clins d’œil à la caméra pendant que les sbires de Daesh s’attèlent à séparer ta tête de ton tronc. Le Français moyen appréciera ta délicate attention de pas l’accabler plus qu’il ne l’est déjà.

7) Mourir sur le sol européen
Le double cheese et les Air Jordan ne sont pas les seules contributions de la culture américaine au mode de vie du Français moyen : celui-ci a également hérité du concept NIMBY. Derrière cet acronyme austère se cache une philosophie pragmatique consistant à tolérer voire à cautionner des dérives en tout genre tant qu’on n’en est pas soi-même directement la victime. Ainsi, par le pouvoir du « Not In My Back Yard », le Français moyen peut dans la même phrase chier sur Free dont la couverture réseau est merdique dans sa campagne de bouseux et en même temps refuser l’implantation d’une antenne relais à 50 mètres de chez lui. En matière de drame et de Tiers Monde, le Français moyen raisonne globalement à l’identique : tant que les Soudanaises enceintes ne se feront pas éventrées vives dans son jardin, il continuera de vivre en n’ayant qu’une pensée évanescente pour ces gens qui souffrent un peu trop par rapport à ce qu’il considère comme raisonnable.
Ami au trépas trop discret, un conseil donc : revois tes prétentions à la hausse et choisis pour cimetière les plages plutôt que les fonds méditerranéens. Avec un peu de chance, ton corps échouera sur le sable cannois en plein Festival et les caméras ne pourront pas faire semblant de ne pas voir ton corps gonflé et violacé renverser les pâtés de sable des petits têtes blondes en panique.

8) Survivre avec panache
Parvenir à fuir une dictature cabocharde ou des religieux tatillons, c’est une gageure. Logiquement, cette prouesse, dont les airs d’Odyssée moderne n’auraient pas fait débander feu Homère, devrait susciter respect et admiration collectifs. Et pourtant, le caractère extraordinaire de l’exploit semble ne bénéficier, auprès du Français moyen, que d’une considération très modérée. En effet, lui recherche de l’émotion, du rebondissement, du sensationnel. C’est notamment pourquoi il semblera plus ému par la relégation de son équipe de foot préférée lors de la dernière journée de championnat que par le récit d’une Syrienne restée bloquée 8 jours sous les décombres de sa maison pilonnée par Bachar. Le Français moyen veut toujours plus d’action : le crash de l’équipe de rugby argentine dans la Cordillère des Andes ne l’aurait pas autant passionné si les survivants n’avaient pas eu à dévorer les corps de leurs camarades (« notamment les bites » comme le précisait alors solennellement Pierre Salviac dans Stade 2).
Ami survivant, un dernier conseil donc : ne te contente pas de survivre en étant inactif, dans une cache ou à bord d’un radeau de fortune, pimente ton destin ! Explique à la presse qu’il t’a fallu relier Paris via Ankara en béquilles, dans le noir et en te nourrissant de placentas humains arrachés à des adolescentes en couche dans des hôpitaux albanais de fortune. Ça peut marcher.

M.J.C. pour G.L.